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Pour une économie au service de l'Homme et de son environnement

L’objectif de ce blog est de montrer que la prise en considération pleine et entière de l’Homme peut, au niveau de l’entreprise, comme dans bien d’autres domaines d’ailleurs, être à l’origine de nouveaux espoirs.

La prise en considération de l’Humain et de son environnement peut certainement permettre d’allier la performance de l’entreprise au respect de la nature et au bien-être de l’Homme. Quelques textes fondateurs et articles de presse, fidèles à cet esprit, sont déjà sur le site « Entreprise et performance ». Sur ce blog, nous comptons faire figurer essentiellement des éléments d’actualité.


Vendredi 10 novembre 2006 5 10 /11 /2006 22:20

A              De “l’émergence des créatifs culturels” au rôle du citoyen :

 L’engagement dans la vie sociale et  la protection de l’environnement ont un poids croissant dans le système de valeurs d’un grand nombre de nos contemporains, parfois appelés “créatifs culturels” lorsqu’il s’agit de les distinguer des groupes sociaux « traditionalistes » ou « modernistes ».

D’une manière générale, les citoyens sont appelés à jouer un rôle de plus en plus important dans la promotion de la responsabilité.

L’influence de l’attitude des citoyens va être essentielle dans le domaine de l’entreprise. Cette influence sera  d’autant plus importante que les citoyens prendront pleinement en compte les mécanismes économiques de base.

      B              L’importance du comportement civique du client :

Les clients vont  tendre à adopter un comportement de citoyen plutôt que de simple consommateur, et l’entreprise doit l’anticiper. Nous sommes dans la phase intermédiaire où les facteurs de régulation classiques perdent de l’influence et où le facteur de progrès à attendre de la mobilisation des citoyens est encore balbutiant.

C              L’importance du comportement civique de l’actionnaire  :

Les actionnaires ont un rôle déterminant dans la conduite de l’entreprise :ils en choisissent le dirigeant et  veillent à ce que ses choix soient conformes à leurs intérêts.

 

De nombreux actionnaires font peser sur le dirigeant des exigences fortes de résultat financier à court terme, en semblant négliger les autres “parties prenantes” (notamment les salariés et les fournisseurs) et le long terme. Trop souvent, les fusions-acquisitions, les plans sociaux, les restructurations semblent issus davantage de ce type d’approche que d’une véritable politique industrielle.

Les actionnaires sont aussi des citoyens. Ils doivent être conscients des conséquences de leur pression sur l’entreprise, et évoluer vers un investissement dans la durée et dans les hommes, qui font in fine la vraie valeur de l’entreprise.

Un mouvement se dessine dans ce sens. Des fonds éthiques ont été créés, ils commencent à être significatifs.

    

       D              L’importance du comportement civique du dirigeant :

 

Le dirigeant a un pouvoir considérable de “modelage” de l’entreprise, celui-ci  dépend de ses marges de manœuvre, lesquelles sont plus fortes s’il est propriétaire (le cas général des PME) et moindres s’il est un simple salarié. Dans tous les cas, il subit les contraintes des investisseurs et de l’environnement entrepreneurial tout en devant satisfaire les attentes des consommateurs.

Le déploiement de l’éthique dans l’entreprise et son installation dans la durée passe par un travail du dirigeant.

Le dirigeant a un devoir d’exemplarité . Plus précisément H.Minguet (1998) indique que le leader doit incarner trois valeurs d’exemplarité : la cohérence personnelle, l’incarnation du sens (le dirigeant n’est pas au-dessus des lois : il est une “règle vivante”), l’humanisation de la règle (le dirigeant n’est pas au-dessus de la loi morale mais il doit l’adapter au contexte de l’entreprise, l’humaniser).

La capacité d’un dirigeant à utiliser les mêmes informations pour communiquer de manière cohérente, mais  adaptée, à ses actionnaires, à ses salariés et aux medias est une des clefs d’un management éthique.

Les engagements concrets du dirigeant sont essentiels et ils lui seront opposables . L’exigence éthique pousse à adopter une communication externe et interne transparente, et à faire de ce choix un atout .

La question centrale est celle de la cohérence entre ces exigences éthiques et les exigences financières des actionnaires. Si l’entreprise est confrontée à une crise vitale, le dirigeant ne pourra se concentrer que sur ce risque majeur. Mais, le contrat (moral ou écrit) entre les actionnaires et le dirigeant devrait comprendre une clause “sociale” afin que la gouvernance de l’entreprise ne se réduise pas aux seuls résultats financiers à court terme.

Il convient de noter que le dirigeant aura d’autant plus facilement un comportement civique qu’il aura été formé à l’exercice de ce métier. A ce sujet, les systèmes de formations et d’échanges d’expériences mis en place par le C.J.D. (Centre des Jeunes Dirigeants) semblent très efficaces. Il y va de l’esprit d’ouverture du dirigeant, ouverture indispensable à la culture de la performance globale.

En ayant un comportement de citoyen, le client incitera les actionnaires  à investir dans des entreprises responsables envers leurs employés, l’environnement et leurs fournisseurs.

D’ailleurs, lors de sondages réalisés en Europe, 86 % des personnes interrogées déclaraient “ préférer acheter à une entreprise citoyenne ” (Fleishmann - Hillard - IPSOS - Juin 1999). Selon un sondage effectué en France, par le Centre Régional de la Consommation Nord-Pas de Calais, “ 71 % des consommateurs accepteraient de payer un peu plus cher un produit s’ils ont la garantie que celui-ci a été fabriqué sans exploitation des enfants ” (Janvier 1998). Pour finir, et comme le rappelle l’économiste Michèle Debonneuil, (voir A.M.Ducroux - 2002) : “ C’est lorsque la société civile se saisit des problèmes que les choses changent ”.

Publié dans : Projet "Élan" - Par Philippe Rodet
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Jeudi 9 novembre 2006 4 09 /11 /2006 22:03

A La triple responsabilité de l’entreprise :

1  La responsabilité sociale pourrait comprendre :

a) Dans sa politique générale :

• Un mode de management respectueux des hommes et de leurs projets professionnels en appliquant le principe de subsidiarité et favorisant la délégation ;

• Une définition cohérente et clairement communiquée de la mission de l’entreprise, où chacun peut sentir sa contribution au “bien commun” 

• Une organisation décisionnelle lisible et transparente

• Une organisation apprenante, capitalisant les  meilleures pratiques et le développement des potentiels.

b) Dans sa stratégie :

• Une vision stratégique et une capacité d’anticipation permettant de limiter le plus possible le recours aux licenciements 

• Un recours réfléchi à l’externalisation. Centrage sur son cœur de métier

• L’investissement dans une politique d’innovation et de développement

       c) Dans sa politique de ressources humaines :

• Le refus de la corruption et sa  sanction immédiate à tous les niveaux ;

• L’absence de toute discrimination liée à des considérations ethniques ou religieuses ;

• En cas de licenciements  :  explication, communication, accompagnement et engagement financier négocié ;

• Une réelle implication dans le développement professionnel des collaborateurs ;

• Une méthodologie de recrutement basée sur l’honnêteté et la transparence ;

• Des conditions de travail et de sécurité satisfaisante avec l’implication de professionnels compétents ;

• Le respect du droit du travail ;

• Une formation  des salariés d’autant plus poussée que leur niveau de départ est faible ;

• Le recrutement de personnes handicapées à des postes adaptés ;

Une rémunération (salaires, participation, intéressement, avantages …) dont les règles sont connues et appliquées, et dont le niveau est correct et équitable, direction comprise ;

• Un management destiné à favoriser la motivation des salariés et leur sens de l’engagement en vue de lutter contre le stress. Le coût du stress au travail est en effet colossal. A titre d’exemple, il était estimé à 11 milliards d'euros au Royaume Unie en 1992 (Sigman).

d) Dans sa politique de communication :

• Une communication similaire aux actionnaires, salariés et media ;

• La cohérence entre les faits et le message communiqué ;

• Le droit du personnel à l’expression avec la mise à disposition de moyens adéquats ;

• Le refus du “management par la rumeur”, de la désinformation et de la manipulation ;

• La communication préalable aux intéressés de tout changement les concernant directement.

Pilotée selon ces principes une entreprise entraînera plus facilement l’adhésion de son personnel.

 

2      La responsabilité environnementale

a) Dans sa politique générale :

• Une approche respectueuse des ressources naturelles et de l’environnement : l’entreprise, certes, source de production et d’emplois, ne peut  avoir un accès  imprescriptible et gratuit aux ressources naturelles, ou un droit à  la pollution

• La création dans l’entreprise d’un réflexe environnement 

• L’allocation de moyens pour connaître ses impacts sur l’environnement

• L’intégration de l’entreprise dans l’environnement local.

b) Dans sa politique de  produits :

• L’étude des produits et des “process” : produits recyclables ou les “dématérialisés” en réduisant leur contenu en énergie et en matière

• L’écoconception et l’écodesign

• La simplification des emballages et la réduction des déchets grâce au développement de co-produits ;

c) Dans son organisation générale et ses processus :

• La mesure du bilan carbone et la réduction des émissions

• L’utilisation de matériaux recyclables ou biodégradables

• La réduction du volume des déchets

 

3      La responsabilité économique pourrait comprendre :

a) Vis à vis de l’État :

• La première des attitudes éthiques consiste à ne pas frauder le fisc et  ne pas mettre en œuvre des schémas dont la seule finalité est d’échapper au paiement de l’impôt. Malheureusement, l’absence d’uniformité fiscale en Europe rend cette attitude difficile (localisation des sièges sociaux) .

• La deuxième consiste à ne pas détourner de leur objet des subventions accordées dans un but précis 

• La troisième à respecter les lois qui s’appliquent au domaine de l’entreprise

Il est difficile de demander aux entreprises de privilégier leur nation : avec la puissance des réalités économiques et la concurrence des pays émergents, les délocalisations se sont accrues. Le rôle de l’Etat serait plus, à travers ses types de prélèvements, d’encourager les entreprises à produire en France.

b) Vis à vis des actionnaires, des partenaires bancaires et des organismes financiers :

 Les récents scandales (Enron…) montrent qu’il faut réformer la “ gouvernance » d’entreprise.

Mais la recherche du profit et de la valeur actionnariale ne peut suffire. Les marchés attendent une plus grande transparence financière. Toutefois, est il réaliste de demander des comptes transparents tout en maintenant une pression excessive sur les résultats trimestriels, dont tout dirigeant sait qu’ils sont presque impossibles à établir précisément ? Une pression trop forte induit un mode de management défensif et une communication biaisée.

Il faut s’interroger  sur la « gouvernance » d’entreprise et sur :

• Le rôle et l’organisation des conseils d’administration : intérêt de professionnaliser la fonction d’administrateurs indépendants

• Le pouvoir des assemblées générales ;

• Le mode de rémunération des dirigeants

• La mise en place de comités d’audit et l’indépendance des commissaires aux comptes.

Il importe de relativiser la toute-puissance des analystes financiers qui sanctionnent les entreprises sur leurs seuls résultats trimestriels. Il pourrait être intéressant de soumettre les analystes à des audits.

c) Vis à vis des fournisseurs :

Les entreprises qui ont un comportement éthique doivent  exiger de leurs fournisseurs qu’ils respectent,  les règles qu’elles s’appliquent à elles-mêmes. Cela peut être  problématique avec les pays en voie développement , où l’on risque parfois d’exclure du jeu de la concurrence des entreprises  qui ne pourraient pas facilement les respecter . Pour limiter ce risque, il conviendrait de raisonner, non pas en valeur absolue, mais en différentiel en   jugeant leur comportement éthique à leur progression dans cette voie.

Il conviendrait d’inciter les grandes entreprises qui le peuvent à se fournir en matières premières, dans une certaine mesure, auprès de fournisseurs situés dans des pays en voie de développement.

Les fournisseurs doivent être respectés, ce qui passe par une négociation raisonnable des conditions de paiement.

Afin de dynamiser le tissu des petites entreprises françaises, pourvoyeuses de nombreux emplois, pourquoi ne pas  inciter les grands groupes à  faire travailler les petites entreprises à hauteur de 5 % de leurs achats, comme cela se fait dans d’autres pays ?

Lors des délocalisations  dans des pays émergents il importe de s’assurer de l‘éthique de la production : travail des enfants, des femmes ; conditions de travail, rémunérations). L’idéal serait de faire en sorte d’utiliser des techniques locales de production pour éviter l’acculturation.

B De la triple responsabilité aux quatre piliers de la performance :

 

Comme le fait remarquer Manfred Mack, une entreprise est  plus performante quand elle s’appuie de manière synergique sur les quatre piliers que sont : les clients, les actionnaires, les employés, la société.

 

C De la triple responsabilité au facteur de changement indispensable :

Dans un monde où certains changements d’orientation sont urgents, notamment en matière d’environnement et de bien-être au travail, l’entreprise semble être l’institution la plus capable à court terme d’agir efficacement.

Il est préférable de déployer une démarche intégrant au moins l’équipe de direction et si possible l’encadrement, faute de quoi la démarche peut ne pas obtenir l’adhésion. La cohérence de l’action du dirigeant, sa capacité à discerner les enjeux essentiels sont déterminants dans la réussite de telles actions. Comme on l’a dit plus haut, en la matière, il s’agit avant tout de comportement. Il lui appartient de lancer son entreprise dans une dynamique de progrès, en application du principe d’amélioration continue.

L’intérêt de ces trois zones de responsabilité est d’être, à la fois, source d’engagement et d’harmonie sociale. Cela favorise la transparence, le partage de l’information et  la genèse d’une forme d’intelligence collective.

Publié dans : Entreprises - Par Philippe Rodet
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Mercredi 8 novembre 2006 3 08 /11 /2006 22:53

Notre souhait est de faire prendre conscience au citoyen du nouveau rôle qu’il peut jouer dans la société et, dans l’entreprise. Néanmoins l’État, garant de l’intérêt général, ne peut se dessaisir de cette question. L’entreprise, même si elle prend conscience qu’elle ne peut se soumettre au seul objectif financier, reste contrainte par cet objectif. Les intérêts particuliers peuvent donc, malgré la bonne volonté des dirigeants, se heurter à l’intérêt général.

Il appartient à l’État de créer un cadre qui réduise les conflits entre intérêt général  et intérêts particuliers. Il peut et doit créer des règlements, des incitations qui  légitiment et encouragent à la fois l’envie d’entreprendre et  d’agir de manière éthique.

L’État dirige, un grand nombre de fonctionnaires et il reste actionnaire de plusieurs entreprises. Il se doit de montrer l’exemple !

On peut décliner la nécessaire adaptation de l’État selon les trois pôles précédemment évoqués.

A              Au plan social :

• Rendre le droit social applicable sans vouloir légiférer davantage en la matière  et allégeant le code du travail.

• Mettre en œuvre une TVA “sociale” pour réduire les délocalisations créatrice de chômage et destructrice d’énergie non renouvelable.

Plus généralement, l’État doit intervenir :

• Quand les conditions de la compétition économiques sont telles qu’elles condamnent brutalement des pans entiers de l’activité territoriale.

• En tant qu’employeur, l’État doit déployer un management modèle. 

La réflexion éthique et macroéconomique conduit à souhaiter que la puissance publique, en Europe puisse intervenir quand l’économie entre en récession, ce qui suppose, une très bonne coordination des politiques économiques.

 

B              Au plan environnemental :

• Faire prendre conscience des enjeux, aujourd’hui planétaires, de la question environnementale… Prendre les options stratégiques qui sont de son ressort : politique énergétique…

• Cesser de subventionner les entreprises polluantes. Soutenir  les énergies renouvelables et les énergies non émettrices de carbone. Instaurer  une « écotaxe ».

• Compléter la mesure de la richesse créée et de la richesse détruite par des indicateurs spécifiques

C              Au plan économique :

• Garantir un cadre global (législation, fiscalité, niveau d’infrastructures…) favorable à la création et au développement des entreprises;

• Aller vers une plus grande harmonisation européenne de la fiscalité d’entreprise et des subventions

Faire prendre conscience du rôle des entreprises sur l’activité et la valeur ajoutée.

• Réviser le code des marchés publics et y intégrer des critères sociaux et environnementaux 

• Œuvrer au niveau international vers une plus grande stabilité financière.

• Légiférer en matière de gouvernance d’entreprise et créer un organisme de contrôle  boursier européen.

Publié dans : Projet "Élan"
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Lundi 6 novembre 2006 1 06 /11 /2006 22:56

Les organisations syndicales vivent aujourd’hui en France une mutation. Les effectifs syndiqués baissent, l’absentéisme aux élections est élevé, la confiance des personnes en leur syndicat semble relative. La représentativité des syndicats est contestée. Des abus liés au statut de travailleur protégé  existent.

Néanmoins, tant pour la direction de l’entreprise que pour le personnel , il reste essentiel que le personnel soit représenté et puisse s’exprimer de manière critique sans risquer d’être licencié, en ayant accès à l’information et à des moyens d’investigation. Les organisations syndicales ont une responsabilité essentielle dans le développement de rapports humains au sein de l’entreprise.  

Quand les syndicats restent attachés à une vision conflictuelle des rapports sociaux, la méfiance et le rapport de force prévalent, or, la clef du changement repose sur la confiance mutuelle.

Les syndicats ont un rôle à jouer dans la compréhension et dans la communication en interne des mécanismes économiques de base de l’entreprise. 

En interne, les organisations syndicales ont un rôle important dans la défense négociée des intérêts des salariés au sein de l’entreprise. Une partie importante de leur activité pourrait être, à l’intérieur de l’entreprise, de veiller au respect de l’éthique managériale et au mode de management.

À l’extérieur, elles pourraient contribuer au développement du concept  “consommateurs citoyens” incitant, grâce à la mobilisation des citoyens,  les investisseurs à accepter que les dirigeants prennent en considération la dimension morale de leur entreprise.

C’est une mutation vers un syndicalisme de dialogue et non de confrontation.

Publié dans : Projet "Élan"
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