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On parle beaucoup en ce moment du tabagisme dans l’entreprise. J’ai demandé à Emmanuel Vasseneix, le Président de la Laiterie de Saint Denis de l’Hôtel, de nous faire part de son expérience intéressante dans ce domaine. La parole est à
Pourquoi aider les salariés à arrêter de fumer ?
Bien sûr, il y a la loi. Elle se durcit. On en parle de plus en plus… Bien sûr, il y a la communication générale faite sur le tabagisme passif, la gêne occasionnée, la jurisprudence… Mais avant tout, il y a les personnes, enfermées dans leur addiction, prises au piège d’un comportement dont elles ne savent pas comment se défaire.
Oui, la cigarette semble les détresser. Oui, elle va de paire avec le café et la détente associée. Mais pour ces quelques moments de « bonheur », que d’inconvénients, de travers, de souffrances. Trouver le dernier tabac ouvert pour sa cartouche du dimanche soir, sortir pour fumer alors que l’on est avec des amis, subir les reproches de son conjoint, de ses enfants, de ses collègues. Se sentir coupable mais ne pas pouvoir faire autrement, comme un rat pris au piège dans un labyrinthe.
Comme le dit Sénèque, « Ce n’est pas parce que les choses sont difficiles que l’on n’ose pas, mais parce que l’on n’ose pas qu’elles sont difficiles ».
Alors à la Laiterie de St Denis de l’Hôtel, on a osé. Osé proposer aux salariés volontaires de les aider à se sevrer du tabac. Le faire pour l’entreprise, pour la qualité des conditions de travail, pour respecter la loi, mais surtout, le faire pour les gens, pour leur santé, pour leur montrer que l’entreprise s’intéresse à eux en tant qu’individu. Et en plus, le faire en utilisant une méthode qui les fait passer du statut de fumeur à celui de non-fumeur et non ex-fumeur avec son cortège de privations, donc de frustrations et de compensations.
La méthode ? 4 heures d’intenses explications sur le pourquoi « on fume », sur le pourquoi il faut arrêter (mais sans photos de poumons noircis, çà ne marche pas), avec d’un côté tous les inconvénients et de l’autre tous les avantages. Et à la fin, jeter son dernier paquet de cigarette, se dire j’ai le choix de fumer ou de ne pas fumer et je choisis d’arrêter.
Et le bilan à 1 an est plutôt satisfaisant. Sur 32 personnes ayant suivi la formation en tout ou partie, 13 personnes sont devenues non-fumeur. Et plus que la fierté d’avoir arrêté, ce qu’elles mettent en avant comme premier bénéfice, c’est la liberté !
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Quand on veut se libérer d'une dépendance, notre principal ennemi est notre mental: c'est lui qui va paniquer et fantasmer sur l'enfer du manque... Il va donc falloir tromper le mental, trouver des stratégies pour le rassurer. Par exemple: commencer par se dire j'arrête une journée et décider le lendemain matin si on retente une journée sans tabac; le 1er matin sans tabac, acheter un paquet de cigarettes et le garder dans sa poche sans ôter le film plastique...